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 Et pour quelques pépites de plus...

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Judge Death
Barbe de maître
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MessageSujet: Re: Et pour quelques pépites de plus...   Mar 28 Avr 2009 - 20:48

François de Lagarde est toujours vêtu de manière impeccable. Son derby et sa montre en or, ajoutés au fait qu'il porte de superbes chaussures, l'identifie clairement comme un gentleman. Autrement dit, un bon à rien, dont les manières sont totalement inadaptées aux sauvages contrées de l'Ouest américain. Comme tout noble français inutile et décadent vivant de ses rentes, François n'a jamais vraiment travaillé. Il n'a d'ailleurs jamais prétendu être plus que le meilleur joueur de poker du monde (et le plus beau, et le mieux habillé, et le plus intelligent). Seulement voilà, la légendaire hospitalité française a également ses limites. Surtout lorsqu'on désintègre l'agaçant esclave d'un autre noble. Fuyant donc de manière héroïque, moralement très claire et incroyablement française, de Lagarde parvînt à se tailler une renommée en temps que...joueur de cartes. "Evil Devil" est toujours prêt à défendre ses compagnons, et à protéger la veuve de l'orphelin (oui, nous sommes aux Etats-Unis tout de même), surtout si ça rapporte.

Ed aime : jouer aux cartes, les femmes, les cartes, les cartes, la boisson ("le vin français bien de chez nous"), les cartes, les concours de jeu de cartes, la France.
Ed n'aime pas : les Américains, les Anglais, les Noirs, les Jaunes, les Rouges, les chiens mécaniques, l'injustice (dans le fond c'est un peu comme la justice, là-bas), les nobles prétentieux qui jouent aux cartes (surtout lorsqu'ils ont un derby et une montre en or).
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Godzilla
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MessageSujet: et pour quelques bastos de plus...   Mer 23 Sep 2015 - 20:25

Betty "Poudre Noire" Blake



Tu veux savoir qui je suis pied tendre ? Rien qu'une fille de saloon un peu naïve qu'a pas eut de bol, avec la vie, les hommes et le reste. Tiens, écoute plutôt, ça t'instruira :

18XX, la seconde fois où je suis morte…

Ce matin-là, deux papillons voletaient dans la lumière sèche et dorée. L’air était saturé de l’odeur de la poussière, avec une note verte et subtile, une fragrance fraîche évoquant la sève. Comme si l’un des chevaux avait, en piétinant, écrasé l’une de ces touffes d’herbes grasses.

1er juillet
Je retroussais  mes lourdes jupes pour pouvoir mieux courir. Le terrain était difficile, légèrement en pente et labouré  comme il l’avait  été par le soc des canons. Visiblement je n’étais pas chaussée pour cet exercice. J’aurais dû prendre la relève de l’infirmier de nuit, il y avait presque une heure déjà. Mais le temps passe si vite en compagnie de Billy. Mon Billy. On s’aimait pour de vrai, lui et moi. Un peu sur ma droite se dressait dans un alignement rigoureux des rangées de tentes individuelles, autour de feux de camp ou assis par petits groupes les hommes trompaient l’attente  en devisant dans la brume matinale. Arrivée en vue de l’infirmerie, je m’arrêtai, un peu, dans l’ombre d’un bosquet de pins. Le  temps de  remettre  de  l’ordre  dans ma coiffure et de réajuster ma tenue. Sans miroir ce n’était pas chose aisée. Le temps de reprendre haleine aussi. Puis,  sortant du couvert des arbres j’avançai d’un pas qui se voulait décidé sous le regard désapprobateur, j’imagine, de quelques-unes des autres femmes présentes. Réfléchissant  rapidement à une quelconque excuse plausible au cas où, j’espérais que mon retard passerait inaperçu, le médecin major n’était  pas un homme facile. Mais les gens avaient d’autres préoccupations,  avec tous ces Yankees entassés à Gettysburg, à peine à une douzaine de kilomètres d’ici… Non pas qu’il y ait beaucoupà faire pour l’instant, depuis notre départ de Virginie, il ya un mois, c’était le manque d’hygiène et les accidents qui nous donnaient le plus de travail. On  m’avait bien fait chercher, tôt ce matin. Des éclaireurs avaient rencontré un petit détachement d’abolitionnistes  et bien qu’ils aient pu rentrer  au camp sans perte, l’état de l’un d’eux nécessitait des soins d’urgence.  Quelqu’un  m’avait  remplacée pour assister le chirurgien qui, tant bien que mal,  lui  retirait  une méchante balle  du corps.  Je  m’affairais  dans  mon coin me consacrant à quelques-unes des tâches d’entretien qui m’incombaient. Il était midi quand j’apportais ma cantine pour partager le déjeuner avec Billy. Quelques gars, me reconnaissant peut-être, me saluaient au passage...

2 juillet
Depuis l’aube, je suis en enfer. Et l’enfer est rouge. Ça a commencé avec ces deux soldats qui traînaient plus qu’ils ne portaient quelque chose. Une charpie. Je ne le découvris avec effroi, qu’au bout d’un moment, c’était un homme. Et le pire fut sans doute qu’il vivait encore ! D’autres, beaucoup d’autres,  vinrent ensuite. La région de la Shenandoah et les rives du Potomac en avaient vu d’autres, des batailles, au cours des âges. Peut-être bien même avant  que les colons du vieux monde ne viennent domestiquer ces terres sauvages, transformer en camps et en pâtures ces vastes forêts sinistres et anciennes. Mais jamais, Ô grand jamais ! je peux en jurer... La terre n’avait été abreuvée d’autant de sang qu’elle le fut au cours de ces tristes jours. À midi, le lieutenant Goodman dit qu’il vaudrait mieux n’utiliser  la morphine que pour ceux qui en valent encore le coup. Nous n’étions pas en nombre suffisant pour faire face au flot des blessés qui arrivait, grossissant sans cesse. À un moment, je me retrouvais  moi-même à extraire  des balles des corps sur des hommes qui ne valaient guère mieux que des cadavres. Parfois mon esprit s’échappait pour penser à Billy. Mon Billy qui disait que l’on irait s’installer dans un petit coin de Caroline du Sud. Ça ne manquerait pas de boulot après la guerre, quand il faudrait tout reconstruire. Et chaque fois je chassais bien vite ces pensées car avec elles venait l’angoisse. Combien d’autres étaient morts depuis ce matin ? La seule chose qui me revient de ces longues heures, de ces trop longues  heures,  c’est  ce geste, un tic saccadé, causé par mes nerfs malmenés sans doute. Sans doute. Sans cesse, j’essayais d’ôter de mon front une mèche de cheveux rebelle. Je ne sais même plus si cette mèche existait  pour de vrai, c’était peut-être juste une impression dont mon esprit las ne parvenait pas à se débarrasser. Ce que je me souviens par contre avec une réelle acuité,à tel point qu’aujourd’hui, je ne peux me débarrasser de cette sensation. Cette  impression grasse et tiède que me procurait le dos de ma main, poisseuse de sang, lorsqu’elle passait vivement sur mon front ... Aujourd’hui encore… Dans les tentes, il faisait une chaleur atroce. Mon bras m’élançait douloureusement. À force de manier la  scie sans doute. Alors que j’étais  parvenue à sortir pour prendre  un peu de repos ; je fumais  une cigarette  en cachette,  ça ne se faisait  pas pour une fille, ce genre de choses... Quoique vu la situation,  je ne sais pas si quiconque y aurait prêté attention…  De partout autour de moi,  les râles  et  les gémissements de douleur des agonisants se succédaient.  Cela m’était devenu tellement insupportable que j’avais  grand’peine à me retenir d’aller moi-même mettre fin à leurs souffrances. Se pouvait-il que Billy, mon Billy, soit parmi eux ? non ! je n’avais pas entendu dire que l’infanterie ait encore chargé et la plupart des blessés que l’on nous amenait étaient des cavaliers.

3 juillet
J’étais occupée à rassembler les membres coupés qui jonchaient l’entrée de la tente. On ne pouvait même pas prétendre  que cela formait un tas. Je disposais les bras et les jambes méthodiquement dans une petite brouette pour dégager l’entrée de ce qui nous servait de salle de chirurgie. En prévision de ceux qui arriveraient sans aucun doute cet après- midi. Il y avait des mouches partout, sur les bêtes et sur les hommes. Elles grouillaient littéralement sur les vivants comme sur les morts. Je n’avais pas la force de chasser celles de mon visage… C’est là que je le vis arriver. C’était le caporal Tom Connely qui venait vers moi la mine sombre et fermée, les vêtements en loques, couvert de suif et de terre. Peut-être de sang aussi. Nous l’étions tous tant que l’on n’y prêtait plus vraiment attention. Il n’eut pas besoin de parler pour que je sache. Pourtant il parla. Billy était mort, tué d’une balle dans le dos par son officier quand il avait cherché à fuir au pied de Little  Round Top. J’avais encore des sanglots plein la gorge, mais les yeux secs. Je ne trouvais que le moyen de rire. Mon rire était dément et me terrifiait moi-même. Et rien ne semblait devoir le faire cesser. Et au lieu d’éprouver du chagrin, je n’avais que cette immense colère envers Billy, comment avait-il pu m’abandonner ainsi. Moi qui l’aimais ! il n’en avait pas le droit. Il n’avait aucun droit de mourir en m’abandonnant ici, seule alors qu’il avait promis qu’après la guerre... Il n’y aurait pas de fin à la guerre. Je le haïssais de tout mon cœur. Je jurais alors sur Kitty  que jamais plus rien ni personne ne déciderait   de  mon  destin   à  ma  place. Il n’y aurait pas de fin pour moi à cette guerre. Jamais. J’y veillerais… Bien sûr à ce moment là je ne savais pas. Kitty  n’était  pour moi qu’un simple fusil. Je ne savais rien.

8 juillet
Quelques jours plus tard, après avoir volé un cheval, j’avais rejoint une petite troupe d’une cinquantaine d’irréguliers allant vers le centre du pays. Même si leurs uniformes étaient en guenilles et crasseux, ils marchaient à la façon d’une troupe à la parade. Je veux dire bien en ordre et tout ça. Et ils arboraient un grand drapeau noir. On a bien vécu dans les semaines qui suivirent. On prenait ce que l’on avait besoin, plus parfois, dans des fermes isolées que les armées régulières n’avaient pas encore pillées ou incendiées. Gnôle, bétail ou munitions, des filles pour les gars. J’avais prouvé que je savais me servir de Kitty,  ça m’a surprise moi-même. Et personne n’osait m’ennuyer depuis ça. Le chef, un grand type avec une vilaine tache de naissance pâle qui le défigurait et lui avait valu le surnom de Bleacher.  Il nous entraînait toujours un peu plus vers le sud- ouest. Même si j’avais fini par devenir sa maîtresse, il n’était pas du genre causant, pas comme mon pauvre Billy. Peut-être qu’il voulait rejoindre le Mexique avec sa troupe de bushwhackers? pour ce que j’en avais à foutre. J’avais le ventre plein et je me sentais,  bizarrement,  libre.

29 août
Ça devait bien finir un jour. C’est à Hay City, dans le Kansas, que pour nous, la balade a pris fin. On était encore une vingtaine lorsque les Rangers nous sont tombés dessus. Le shérif de la ville et une poignée de volontaires du coin. Sans doute qu’ils avaient pas assez de cran pour partir à la guerre. On s’est vite retrouvé coincés dans les ruines d’un ranch, encerclés par tous ces fils de putes avec déjà six morts de notre côté. Les autres se sont fait abattre les uns après les autres. Le premier à se faire descendre c’était  Joe.  Un petit gros qui jouait les rigolards même si on sentait que ça lui pesait d’avoir laissé dans son Sud natal sa bourgeoise et une ribambelle de gosses. Lorsqu’un des types d’en face lui a fait sauter la caboche, on a tous été aspergés. Sans doute que le gars avait une carabine et s’était planqué dans les falaises en face. On les avait  pas mal canardés nous aussi. L’air  puait la poudre et la sueur. On était encore huit plus ou moins valides. Quand on est arrivés à nos dernières cartouches. L’aube  se levait, Bleacher agonisait dans son coin en respirant  un peu trop fort. Il passerait pas la journée malgré qu’on l’eut soigné de notre mieux. J’ai jamais eu de pot avec les hommes, en fin de compte... Quant aux autres, là, planqués dehors, je ne saurais pas dire si on leur avait fait payer tous nos morts mais j’étais sûre d’avoir  fait  sentir les griffes du chaton de Billy  à deux d’entre eux. Alors on s’est rendus. À part crever de soif là-dedans en attendant  qu’ils  donnent  l’assaut, y avait plus rien à faire. Et la journée promettait d’être chaude alors autant ne pas faire traîner.

Voilà, ils se sont épargnés le procès. Pourquoi faire un procès ? on était coupables. Ces ploucs le savaient et nous aussi. Ils vont me pendre avec les autres.  Même le gamin sera pendu. Je chercheà retrouver son nom, mais j’ai dû l’oublier... Il doit pas avoir quatorze ans ni savoir se servir d’un pistolet. D’ailleurs, pour autant que je sache, il a jamais tué personne et je ne crois pas qu’il ait même tiré une balle au cours de cette affaire.
Quand les cordes se sont tendues, dans un bel ensemble, le bruit soudain ou peut-être l’agitation des corps dansant dans le vide, a effrayé deux papillons qui voletaient là dans l’air surchauffé et tremblant de cette belle fin d’après-midi.

Pourtant ça n'a pas suffit a m'envoyer en enfer. L'univers s'était encore payé ma trogne ! Les bouseux ont décidé de lever le camps dés qu'on a eut céssés de gigoter. Sans même s'assurer que le boulot avait été bien fait. J'ai repris conscience plus-tard, apparament la branche avait laché. Tu parle d'une chance... et faut croire que je suis plus coriace que je ne le croyais. J'ai pris les bottes au gamin. Fallait bien, les miennes étaient plus bonnes a grand chose et je me suis mise en route vers l'ouest...

Quand a la fin je présenterai l'addition à dieu et a tout ces maudits connards, la note risque d'être foutument salée.

_________________
« La seule vérité du multivers c'est que la classe, il y en a qui l'ont et d'autres pas. Moi je l'ai et toi, tu l'as pas. »
Factole Rhys de l'Ordre transcendental, au Grand Oratorium, suite a un échange un peu vif avec le Factol Sarin de l'Harmonium

« Ce qui est bien avec les guerres civiles, c’est qu’on peut rentrer manger à la maison. »
Général Robert E. Lee en partance pour Gettysburg

« Chaque jour, une fois par jour, faites vous un cadeau. Ne le planifiez pas. Ne l’attendez pas. Laissez le venir. Cela peut être une nouvelle chemise, une sieste dans votre bureau, ou deux tasses d’un bon café noir bien chaud. »
Agent Dale Cooper, au Double R Diner en compagnie du Sherif Truman, méditant sur l'opportunité de reprendre ou non de la tarte
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